Le « off » de DirecTravel, comme si vous y étiez

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En marge de DirecTravel 2016, une dizaine de conférences ont permis d’éclairer les attentes du public en matière de «voyages sur-mesure» tout en y associant diverses start-up représentatives de ce nouveau modèle économique.

L’événement DirecTravel 2016 a notamment été l’occasion de revisiter de nombreuses destinations et manières de voyager en présence des acteurs eux-mêmes. Témoin, la cérémonie d’ouverture qui s’est tenue vendredi 30 septembre en présence du photographe et historien du Sahara Jean-Marc Durou ainsi que de Nicolas Brumelot, co-fondateur de Mister Fly, un site de réservation de billets d’avion en ligne. L’occasion d’un échange authentique entre un compagnon de route de Théodore Monod et le créateur de Go Voyages sous l’œil bienveillant de Christophe Sentuc, l’animateur de DirecTravel.

Une manière aussi de revenir sur les premiers pas de Charles de Foucauld au Sahara dans les années 1900, puis de Citroën dans les années trente avant la sortie du premier guide du Sahara en 1936. L’indépendance des principaux pays concernés (Maroc, Algérie, Tunisie, Niger, Mali, Mauritanie) suivra entre 1956 et le début des années soixante avant l’apparition des Land-Rover en 1972. Une époque que Jean-Marc Durou résume d’une jolie formule, « de Katmandou à Tamanrasset » en référence aux hippies des années soixante-dix, délaissant alors le Népal pour le Sahara. Suivra alors le véritable démarrage du « tourisme d’aventure » au Sahara sous l’impulsion de certains voyagistes comme Terre d’Aventure et le développement des premières agences locales. Dans les années quatre-vingts dix, c’est le décollage de la Mauritanie malgré les premières rébellions au Niger et au Mali alors que le documentaire « Le vieil homme et le désert » révèle au grand-public le parcours de Théodore Monod et sa passion pour le Sahara.

L’émergence depuis la fin des années 1990 de groupes armés radicalisés, comme le GSPC devenu AQMI ou l’Etat Islamique, a progressivement fermé les portes du Sahara aux voyageurs. « C’est dommage, commente Jean-Marc Durou, pour qui la menace est naturellement présente même si ces groupes sont marginaux ». Une manière d’évoquer d’abord le désert avec « ces rencontres exceptionnelles entre l’homme et la nature ».

Grâce à Internet, les points de contact se démultiplient

Place maintenant au témoignage de Nicolas Brumelot, co-fondateur de Mister Fly, une plate-forme de réservation de billets d’avion en ligne qui profite, bien évidemment, du phénomène de désintermédiation du tourisme et du boom du e-commerce. « Nous contribuons à la désintermédiation des packages touristiques » relève cet ancien de Go Voyages pour qui « l’essor du tourisme aérien est une forme évidente de démocratisation des moyens de transport ». « On passe progressivement du « package » au voyage à la carte » constate-t-il. « Les vols low cost et les offres « city based » sont un moteur du développement régional » poursuit-il. Une manière de reconnaître à quel point les prix bas et la démultiplication des points de contact révolutionnent aujourd’hui le transport aérien, loin des premiers Boeing à se poser à Tamanrasset au milieu des années cinquante.

Après la soirée d’inauguration, le week-end s’est notamment articulé autour d’une dizaine de conférences et d’un mini-sommet consacré aux start-up du voyage. Côté conférences, nous avons beaucoup voyagé, de manière insolite parfois. En Amazonie d’abord avec l’ONG Latitud Sur et son bateau Selva Viva sur l’Amazone péruvien, puis avec Amazon Dream dont le bateau éponyme est basé à Santarem, au Brésil.

 De l’Inde au Botswana, les réceptifs à l’honneur

Autre type de voyage avec la découverte de la Bulgarie, de l’Ouzbékistan, du Cambodge ou du Ladakh. Un détour par l’Inde s’imposait aussi. Un pays continent avec ses 1,3 milliard d’habitants et ses nombreuses destinations possibles : Taj-Mahal, Cachemire, Rajasthan, Darjeeling, Bénarès, etc. Une destination bien connue de notre conférencière Audrey Chevrey (Shanti Travel). Basée à New Dehli, elle y anime un important dispositif de prestations dans le pays qu’elle suggère de visiter en voiture, accompagné d’un chauffeur, ou bien en train ou en avion au vu des distances à parcourir.

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Changement de registre ensuite avec Julien Marchais, représentant Essentiel Botswana, un réceptif local, qui tient à préciser que le pays – qui vient de fêter ses cinquante ans d’indépendance – est démocratique et extrêmement stable. Petit pays enclavé (deux millions d’habitants) d’Afrique australe, c’est l’une des meilleures destinations pour un safari. Avec trois options : le self drive avec un conducteur expérimenté, le safari mobile avec un accompagnateur et le flight lodge safari à condition de disposer d’un budget conséquent. L’occasion, par exemple, de visiter le delta de l’Okavango ou bien les chutes Victoria, à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe. Et d’observer, dans une nature exceptionnelle, les « Big Five », ces cinq animaux parmi les plus sauvages d’Afrique : le lion, le léopard, l’éléphant, le rhinocéros et le buffle.

Les randonneurs et les start-up à l’honneur…

Autre registre avec deux témoignages de randonneurs, Olivier Lemire et Antoine Bertrandy. Le premier sur les routes de France à travers un itinéraire évocateur par rapport aux noms, parfois étonnants, de villages, de bourgades ou de lieux-dits. Le second, dans une démarche assez spirituelle, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle où il multiplie les aventures et les rencontres.

Dernier évènement, non pas chronologique et un peu improvisé, avec une table-ronde autour de quatre start-up du voyage (parmi la vingtaine invitée par DirecTravel) sur le thème de l’innovation et de la désintermédiation dans le tourisme. L’occasion de découvrir WorldCraze (plate-forme collaborative de shopping à l’étranger), Opwigo (portail afin de préparer son voyage), La Boxtrotter (une box mensuelle autour de nouvelles destinations avec des produits locaux), ainsi que Trip Connexion, le partenaire numérique de DirecTravel. Avec une idée simple, rappelée par ailleurs par Sandrine Mercier, rédactrice en chef d’A/R Magazine, qui est l’importance croissante des échanges et des rencontres dans l’univers des voyages. Un phénomène qui n’est pas près de s’éteindre au vu de la multiplication des outils collaboratifs sur ce thème.

Henri Bessières  

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