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Le voyage, une économie en pleine mutation

La désintermédiation des transactions modifie en profondeur la manière dont les gens voyagent. A l’heure des réseaux sociaux et des médias en ligne, c’est toute la chaîne de valeur de l’industrie du tourisme et du voyage qui est impactée au profit des opérateurs locaux.

L’impact croissant de la « dématérialisation »

La désintermédiation de l’industrie du tourisme constitue un phénomène économique majeur. Après les transporteurs et les hébergeurs, les agences de voyage en ligne (OTA) se sont emparées du phénomène afin de se rapprocher du consommateur final. Cette irruption du e-tourisme l’amène aujourd’hui à caracoler en tête du marché français du e-commerce avec 32% de part de marché en 2015, loin devant l’habillement, selon la Fevad.

Face à cette pression entrainant les tour-opérateurs (TO) vers l’auto-distribution et les distributeurs vers la production, les producteurs locaux et leurs clients voyageurs ont été amené à réagir. Une réaction légitime, amplifiée par l’essor des réseaux sociaux et des medias en ligne. De nouvelles pratiques invitent aujourd’hui le candidat au voyage à organiser lui-même son propre parcours. DirecTravel souhaite résolument promouvoir, accompagner et encadrer ce nouveau mode de distribution, de rencontres et d’échanges.

Le tourisme relève enfin la tête

Dans un environnement économique relativement morose, le secteur du tourisme fait toutefois bonne figure. Depuis 2013, les Français reprennent goût aux vacances (75,1% sont partis en 2013, source SDT pour la DGE) avec des dépenses en progression de 4,7% en 2014 (source SDT pour la DGE). Une tendance confirmée au niveau mondial, le secteur du tourisme ayant, pour la cinquième année consécutive, progressé en 2015 (+ 5% en valeur, source OMT).

En termes de réception, les dix principales destinations sont la France, les États-Unis, l’Espagne, la Chine, l’Italie, la Turquie, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et le Mexique. Viennent ensuite les pays d’Asie-Pacifique, d’Amérique du Sud, d’Afrique et du Moyen-Orient, tous en relative croissance.

Pourquoi les « experts locaux » deviennent incontournables

Si l’on s’en tient aux seules vacances des Français, on estime à près de 15% la proportion de ceux qui partent à l’étranger. Selon la Direction générale des entreprises (DGE) qui dépend de Bercy, le nombre de Français ayant passé leurs vacances à l’étranger a progressé de 7,8% en 2014 (+ 1,7% en 2013), année où les principaux tour-opérateurs du marché français (regroupés au sein du SETO, syndicat professionnel représentant 80% de la profession, hors OTA) ont vu leur nombre de clients reculer de 7,5% (- 5,1% en valeur). Une tendance qui s’est poursuivie en 2015 avec un nouveau repli de 5,3% en volume (- 6,4% en valeur), toujours selon le SETO.

Selon certaines estimations, les opérateurs traditionnels auraient perdu 1,3 million de clients entre 2012 et 2015, soit un manque à gagner de 600 M€. Ce qui tendrait, alors que le nombre de vacanciers augmentait, à confirmer un glissement des Français vers d’autres formes d’organisation de leurs voyages. Un contexte qui met le « voyage sans intermédiaire » au cœur de la dématérialisation de l’offre touristique avec des experts locaux désormais incontournables.