Rafting en Guyane

Nous avons interviewé Tina Soyavong, fondatrice de T’air Nature Guyane

Il était prévu que la Guyane soit la destination d’honneur de notre salon DirecTravel 2020, aussi avons-nous décidé de consacrer plusieurs articles à ce territoire. La semaine dernière, nous vous avions présenté Thierry Beltan de l’agence Guyane Brésil Transport ; nous continuons cette semaine cette série de portrait guyanais avec l’interview de Tina Soyavong, fondatrice de l’agence T’air Nature Guyane.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Tina Soyavong, j’ai soufflé sur mes 30 bougies il y a quelques mois. Née en Guyane, d’origine Laotienne. Passionnée de voyages, et surtout de notre département, j’ai ouvert mon agence réceptive T’air Nature Guyane il y a maintenant 2 ans. L’aventure ne fait que commencer !

POrtrait de Tina

Tina de T’air Nature Guyane

Quelle est votre histoire avec la Guyane ?

Mes parents sont des réfugiés politique venu du Laos, arrivés en Guyane en 1985. Ils ont bâti petit à petit notre village du côté de Roura : le village Dacca. Qui était autrefois connu pour ses grandes fêtes du Nouvel an Laotien.

J’ai grandi et étudié en Guyane.  Une belle enfance, avec une vie très simple : pratiquement tous les week-end, nous partions en famille en carbet, pêcher, à la crique Gabriel, ou sur d’autres fleuves pour la pêche à l’aïmara. Quand on aime la nature, et tous ses bienfaits. Quand on apprend à connaître les cultures et traditions de chacun d’entre nous, on ne peut que s’enrichir.

Qu’est-ce qui vous a poussé à développer une entreprise touristique ?

Etant passionnée de voyages, j’ai bien sûr commencé à orienter mes études dans ce secteur. Je devais partir étudier dans l’hexagone, mais mon destin en a décidé autrement. J’ai commencé par un stage dans une agence de voyages réceptive, je devais avoir 19 ans. Et à ma grande surprise, j’y suis restée.

J’ai appris à aimer et promouvoir notre destination. Après 10 ans d’expérience, j’ai voulu me lancer, et ouvrir mon agence, selon mes valeurs et partager cette amour que j’ai pour la Guyane.

Avez-vous pris des engagements dans le sens d’un tourisme durable ?

Il est important, oui, de s’engager dans un tourisme durable. Tout d’abord en donnant une force aux petits artisans locaux, faire connaitre et vivre une vie à la façon « Guyanaise ». Faire vivre des expériences d’une vie d’agriculteur (culture des champs par exemple). Nous travaillons également avec des prestataires qui se soucient de notre environnement : pas de jetable, objet recyclable. Et quand ce n’est pas possible, ils sont munis, lors de leurs passage en forêt, de sacs plastiques afin de ramasser les déchets sur leur chemin.

Quelles sont les conséquences de la pandémie du Covid 19 en Guyane ?

Il est vrai qu’actuellement les activités sont à l’arrêt dans l’attente d’un retour à la normale. Mais cela n’empêche pas nos futurs clients de nous contacter, et nous peaufinons ensemble leur séjours. Nous avons beaucoup de demandes pour des voyages entre août et décembre 2020 ; et certains commencent même à prévoir leur vacances d’été 2021 ! Un point positif.

Quels sont les atouts de la Guyane pour un voyageur ?

La Guyane est une terre d’accueil, d’une richesse incontestable : faune, flore, gastronomie, un mélange de cultures et traditions. D’ouest en Est, du Nord au Sud, nous vous faisons découvrir tout ce dont vous rêvez.

Entre l’aventure en pleine forêt, du rafting sur le Saut Maripas, des cabanes perchés dans les arbres, des nuits en hamac, en passant par les marchés où nos fruits et légumes haut en couleurs sauront éveiller vos sens. Des balades en pirogues, la découverte des villages sur les fleuves, l’observation de la faune dans les savanes de Kaw, un peu d’histoire et de détente sur les îles du salut sans oublier dans un autre contraste la visite du centre spatial Guyanais !

Nous pouvons continuer pendant des heures à échanger sur nos atouts ! L’idéal est de venir le vivre par vous-même !

plage guyanaise

Petite plage paradisiaque aux Iles du Salut

Cabane dans les arbres

Carbet dans la forêt amazonienne guyanaise

Rafting en Guyane

Rafting sur sur l’Oyapock

Quels conseils pourriez-vous leur dispenser pour parcourir la Guyane ?

Pour vos sorties fluviale et pédestre :

  • tenue décontractée (short, tee-shirt ou pantalon en toile léger)
  • casquette
  • protection solaire (indice de protection élevé)
  • chaussures légères ne craignant pas l’eau ou basket
  • sac étanche pour protéger votre matériel photo
  • maillot de bain et serviette
  • vêtement de pluie
  • répulsif contre les moustiques

Pour vos nuits en forêt :

  • effets de toilette personnels
  • petite lampe de poche
  • tenue longue et chaude pour la nuit (jogging ou sweat et pantalon) + chaussette
  • paire de chaussures de marche ou basket + paire de chaussures « détente »
  • tenue de marche + tenue « décontractée » pour rester sur le camp
  • maillot de bain
  • répulsif contre les moustiques
  • gourde
  • pharmacie personnelle
  • poncho ou k-way

Pour le centre spatial guyanais :

  • pièce d’identité en cours de validité obligatoire
  • tenue correcte
  • Appareils photos et caméscopes autorisés sur l’ensemble du site, sauf quelques restrictions qui vous seront annoncées par le guide
  • plan vigi pirate : pas d’objets tranchants, de flacons… sac de petite contenance

Y-a t-il une saison plus propice à sa découverte ?

Beaucoup de personnes aiment venir en Guyane entre juillet et novembre (saison sèche). C’est sûr c’est plus agréable de pouvoir sortir sous un beau soleil. Mais la saison sèche n’est pas propice à toutes les visites que l’on peut faire.

La ponte des tortues Luth se fait entre fin mars et fin juin. Le carnaval de Guyane se passe entre janvier et mars ! La saison des pluies permet également de visiter et voir certains lieux différemment, quand les cascades sont gorgées d’eau, ou que les criques ou savanes sont plus accessibles. Nous pouvons découvrir plein de choses différentes à n’importe quelle période de l’année.

Si vous ne deviez citer qu’un endroit ou un événement à ne pas manquer, quel serait-il ?

Le marché de Cayenne, car vous y découvrirez nos fruits et légumes du pays, notre gastronomie et une rencontre avec la population diverse : Asiatique (Laotien, Hmong, Vietnamien, Chinois…) Créoles : (Guyanais, Antillais…) Latino : (Brésilien, Péruvien…) Et j’en passe !

A la rencontre de Thierry Beltan, guide touristique en Guyane

Passionné par sa destination et par son métier de guide-accompagnateur, Thierry Beltan de Guyane Brésil Transport nous raconte SA Guyane et nous donne envie de nous immerger en Amazonie, de visiter l’est guyanais et d’aller découvrir le nord du Brésil.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Thierry Beltan, je suis marié et j’ai 2 enfants. Je suis originaire des Antilles et ancien marin à la pêche et au commerce.

J’ai toujours aimé les grands espaces. Quand j’ai découvert la Guyane vers 1988, quelle a été ma surprise ! La Guyane est une région grandiose : riche d’une végétation immense, de forêts, de rivières, de fleuves. Je savais, quelque part, que mon destin se jouerait ici ! En Guyane française.

J’étais encore célibataire ; mais quelques années plus tard quand j’ai pu m’organiser, fonder une famille, je suis revenu. Nous étions alors en 1998.

J’ai développé une petite entreprise ; qui a pris naissance sur les bords du fleuve « Oyapock ». Jusqu’à aujourd’hui, elle a rendu tellement de gens heureux !

Mes filles, âgées maintenant 20 et 23 ans, ont vécu toute leur enfance ici. Et, ma femme et moi, ensemble, nous continuons à faire connaître cette merveilleuse région.

portait de thierry beltran, guide touristique en guyane

Thierry Beltran, heureux guide touristique en Guyane

Quelle est votre histoire avec la Guyane ?

Une grande histoire d’amour ! De l’océan bleu, je suis passé à l’océan vert. C’est presque difficile à expliquer : tout est détails, tout est senteur ; toute une vie ne suffirait pas à décrire.

Tout est multiplié ; il faut dire que nous sommes en Amazonie française ! Tout est mélangé, goût, couleur, peuple, histoire, rencontre, passé, avenir. J’ai trouvé ce qui  manquait à mon puzzle interne ; j’ai trouvé, et j’ai voulu le partager.

À mes amis et à mes clients, j’insuffle la symbiose de cette terre avec l’océan. Grâce à mes circuits, confectionnés à la fois sur le fleuve et sur le littoral, j’arrive à partager toute la saveur de la Guyane : ce pays d’antan, ce pays présent, ce pays futur !

Arrivée au saut Maripa en pirogue

Qu’est-ce qui vous a poussé à développer une entreprise touristique ?

L’envie de vivre ici tout simplement… et donc de travailler ici !

J’ai voulu montrer tout ce qui m’a ébloui : les ruisseaux, les plantes, les oiseaux, les inselbergs, les papillons, les orchidées… En faisant la rencontre des habitants, en découvrant leurs villages, leurs fêtes, leurs danses, leur culture et leur gastronomie, l’idée de créer une entreprise de tourisme a rapidement fait son chemin pour le plus grand bonheur de mes clients.

portrait de thierry beltran

Thierry prend soin de ses clients sur terre comme sur l’eau

Avez-vous pris des engagements dans le sens d’un tourisme durable ?

En m’installant à la frontière de l’Oyapock, une zone rurale et fluviale située à l’est de la capitale, j’avais dans l’idée de valoriser des restaurateurs et hôteliers de proximité. La Guyane est riche de ses cultures et artisans. J’avais également envie de travailler avec toutes les communautés de cette région. Rendre plus accessible la découverte de certains savoir-faire traditionnels et ancestraux du territoire, qui sont engagés avec les arts de la vannerie, du textile, du bois ou de bijoux.

Et, j’ai dans mes idées de développer un jour ici un tourisme fluvial, sur des bateaux à voile, comme ceux qui naviguaient jadis sur ce même fleuve, l’Oyapock, les tapouilles (des bateaux à voile, mais avec un petit moteur pour l’accostage). Et ainsi, faire découvrir une autre Guyane au fil de l’air et de l’eau.

Le saut maripa sur l’Oyapock

Quelles sont les conséquences de la pandémie du Covid 19 en Guyane ?

De fait, après cette période de pandémie, je pense que la Guyane française aura à montrer, ou démontrer, que nous avons sûrement la solution.

Revenir à des paramètres plus verts, plus simples. L’Amazonie est une grande partie du poumon de ce monde, elle est notre oxygène ! Ainsi, grâce à sa situation, la Guyane, terre européenne, pourrait mettre en place un nouveau tourisme de ressourcement, reposant sur une meilleure gestion des flux, pouvant même respecter la distanciation puisque nous avons toujours fait le choix d’accueillir des petits groupes ( 6 à 10 personnes).

Quels sont les atouts de la Guyane pour un voyageur ?

Sa grande diversité ethnique, à commencer par les premiers habitants : les Amérindiens, Européens, bushinengués, créoles, hmongs. L’apport de toutes ces cultures, l’art culinaire de chacun. La géologie, la faune maritime, terrestre, fluviale, la flore … Les multiples écosystèmes, marais, mangrove, savane … De l’explorateur Vincente Pinzón au bagne, des grands moments de l’histoire aux premiers habitants.

On peut même rajouter, en allant dans la ville-base spatiale de Kourou, l’histoire de l’espace.

Quels conseils pourriez-vous leur dispenser pour parcourir la Guyane ?

Je conseillerais une approche avec un guide accompagnateur généraliste, quand on arrive à  Cayenne, capitale de la Guyane, surtout pour la première fois ! Celui-ci expliquerait dès le premier briefing, carte en main, le circuit et les activités qui jalonneraient le séjour.

C’est le tourisme que nous pratiquons et il répond à une demande grandissante de guide privé pour des découvertes et des prestations personnalisées ..

Y-a t-il une saison plus propice à la découverte de la Guyane ?

En principe, la Guyane peut se visiter toute l’année. Il y a deux saisons, une sèche et une pluvieuse. Mon conseil c’est d’arriver au croisement de ces deux saisons :  c’est-à-dire entre juillet et octobre.

Vous bénéficierez ainsi de la fin de la saison des pluies, des fleuves et des rivières gorgés d’eau (ce qui facilitera la circulation fluviale), mais aussi du début d’une saison ensoleillée qui verra  la faune  sortir « de l’hivernage » et s’animer. Et, selon leurs envies, nos clients peuvent bivouaquer en profitant de cette nature en éveil, ou retourner à leur hôtel… sous un beau coucher du soleil.

Ouanary Mont de l'observatoire

Ouanary : Mont de l’observatoire

Si vous ne deviez citer qu’un endroit ou un évènement à ne pas manquer, quel serait-il ?

Pour moi l’endroit le plus emblématique de la Guyane, qui me laisse sans voix et me remplit de bonheur, c’est l’ascension du mont de l’Observatoire à Ouanary.

Ses 200 mètres d’altitude permettent de s’offrir l’immensité de la forêt guyanaise qui s’étire à perte de vue au sud, et nous plongent dans l’océan Atlantique au nord.

Avec un panorama à 360°, notre regard se perd du haut de cette montagne, on profite du vent qui se lève afin de respirer à plein poumon l’air vivifiant de l’océan se mélangeant dans une bourrasque à la canopée ; comme à l’aube d’une nouvelle histoire. Ou comme une ode à la magie, à une nouvelle vie qui s’offre à nous.

christophe en Inde

Christophe Sentuc, le créateur du DirecTravel revient sur parcours

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui nous nous intéressons non pas aux exposants du Directravel, mais à son créateur. Qui est l’homme derrière ce salon atypique ? Christophe Sentuc revient sur son parcours.

Christophe, quelles sont tes origines ? Qui es-tu ?!

Un basco-landais de naissance, immigré à Paris depuis l’adolescence, breton par ma mère et par mon refuge familial sur une petite île passionnément défendue par quelques irréductibles Gaulois.

Un simple citoyen du monde heureux de partager sa vie avec ses deux enfants franco-mongols.

Christophe avec ses enfants en Guinée

Christophe avec ses enfants en Guinée Conakry

Quel est ton parcours ?

Pompier, motard, marin puis cascadeur étaient dans mes rêves d’enfant avant de décider d’être fermier !  Mais, malgré ma formation en agronomie, je restais un parisien rêveur pour le directeur du Crédit Agricole à qui je demandais un prêt.

Alors, si ce n’était pas en France, ce serait ailleurs et c’est ainsi que je me suis retrouvé à 20 ans, berger avec chien et moto pour conduire des troupeaux de Mérinos dans les immenses pâturages d’Australie.

De retour en France pour mes obligations militaires, j’ai très vite ressenti l’oppressement du territoire entouré de frontières. Il me fallait à tout prix les franchir toutes, les unes après les autres. Un besoin vital de libération qui m’a alors conduit un jour à la porte d’Orléans de Paris, avec un gros sac à dos, un pouce en l’air et 7000 francs en poche.

Près de 3 ans après, j’étais aux Philippines avec un petit baluchon, des claquettes aux pieds et les poches vides. Dormant dehors fatigué par ma journée de marche ou invité dans la maison de ma dernière rencontre, j’ouvrais tous les matins les yeux d’un enfant qui découvrait chaque jour des merveilles. C’était au tout début des années 80 et cela m’a amené à travers l’Europe, l’Orient, l’Afrique, l’Asie et l’Océanie sans jamais prendre un seul avion.

christophe en Inde

Voyage en Inde

Peux-tu nous résumer ta carrière dans l’entreprenariat touristique ?

Ce monde merveilleux devait être partagé. Sans jolies photos ni belle plume pour rapporter mon expérience par écrit, je découvrais l’existence d’un tourisme dit d’aventure à pied, à cheval ou en 4×4.

Mon CV avait suffi pour être rapidement embauché comme guide à Nouvelles Frontières.

Très vite je proposais mes propres itinéraires et en quelques mois je lançais l’agence Fleuves du Monde et embarquais mes premiers clients dans ma pirogue sur l’Oubangui à la rencontre de Pygmées Akas, sur un Budgerow au fil du Gange, en Felouque sur le Nil ou en Sampan sur l’Irrawaddy en Birmanie.

Attaché à développer cette idée de voyager au fil de l’eau, j’entraînais mes partenaires à redonner vie à la batellerie locale, reconstruisant avec eux des embarcations qui charmaient les voyageurs.

A Fleuves du Monde est venu s’adjoindre la Compagnie Fluviale du Mékong au Cambodge, puis Terre Voyages avec ses marques investies sur différents pays, dont la Mongolie où j’ai tenté d’attirer des golfeurs en passant la tondeuse dans les steppes sous l’œil ahuri des nomades.

Enchanté par ce métier qui nourrissait ma passion pour défricher de nouveaux territoires et concevoir leur approche en s’enrichissant des coutumes de leur peuple ; j’ai fini au bout de 25 ans par ressentir un profond malaise vis-à-vis d’une profession plus souvent nuisible que profitable à l’indigène que nous sommes tous dans notre pays et région.

J’étais devenu « tourismophobe », un comble pour un agent de voyage ! Quittant mes fonctions et cédant mes actifs, je me retrouvais alors face à deux solutions : un divan ou une nouvelle entreprise …. je choisi la seconde et c’est ainsi que naquit DirecTravel.

yourtes en mongolie

Interview : Sylvain Recouras, fondateur de Horseback Adventure et Nomadays

C’est dans les paysages grandioses de la Mongolie que l’interview de la semaine nous amène. Nous sommes allés à la rencontre de Sylvain Recouras, fondateur de l’agence Horseback Adventure et du réseau Nomadays.

Pouvez-vous vous présenter ?

J’ai grandi dans un petit village du Languedoc, loin du monde du voyage. Pourtant ce sont les Atlas et autres cartes qui me fascinaient quand j’étais enfant. Alors étudiant en école de commerce à Marseille, j’ai décidé en 2003 de faire une année de césure pour entreprendre un grand voyage au départ de Kathmandu au Népal. J’ai traversé le Tibet, la Chine, la Russie et l’Europe de l’Est. Mais c’est bien mon étape en Mongolie qui a scellé mon destin. J’y ai rencontré ma future partenaire professionnelle et les grandes cavalcades dans la steppe en compagnie des nomades ont été le point culminant du voyage (ma maman m’a mis sur un cheval à l’âge de 5 ans).

Je reviens en France et termine ma dernière année d’étude avant de partir pour un premier emploi à Singapour en 2004. Là je tombe définitivement amoureux de l’Asie et quand la société qui me recrute souhaite que je passe par le siège à la Défense afin de pouvoir faire carrière au sein de l’entreprise, un choix de vie s’impose à moi. Je créé l’agence Horseback Adventure en Mars 2006, pour mes 26 ans. Quatorze ans plus tard, je peux dire que je ne l’ai jamais regretté, surtout quand je regarde les 2 beaux enfants que la Mongolie m’a apporté.

Quelle est votre histoire avec la Mongolie ?

Comme beaucoup d’histoire, la mienne débute par une histoire d’amour, avec une femme du pays, et un peuple exceptionnel. J’ai eu la chance de beaucoup voyager, et je n’ai jamais connu dans un autre pays un tel sentiment d’appartenance et d’intégration, et cela dès mon premier voyage dans le pays en 2003.

Les Mongols sont exceptionnellement accueillants, festifs, et il m’a toujours été facile de m’intégrer dans la société mongole. Il faut dire que je reste passionné par leur mode de vie, et 17 ans plus tard, je ressens toujours la même excitation à l’aube d’un voyage dans les steppes ou à l’idée de rentrer dans une yourte. Aujourd’hui, même si je suis désormais amené à passer de longues périodes à l’extérieur du pays, je peux affirmer que c’est là-bas que se trouve ma maison.

Sylvain Recouras et son épouse

Sylvain Recouras et son épouse

Qu’est-ce qui vous a poussé à développer une entreprise touristique ? Quelle est l’histoire de la création de l’agence Horseback Mongolia?

Pour être honnête, c’est d’abord l’envie de vivre en Mongolie qui m’a forcé à réfléchir à l’activité que je pourrai y exercer, et l’activité d’agence de tourisme s’est imposé naturellement. J’étais jeune et l’idée d’allier mon amour du voyage et de la Mongolie à mon travail était séduisante

En février 2006, j’arrive à Oulan Bator avec mon sac à dos et je commence à structurer une agence : définition des premiers itinéraires, création d’un site internet, recrutement des guides, des chauffeurs, rencontre avec les premières familles d’accueil. Quand j’y repense nous avons abattu en quelques mois un travail faramineux. Quatre mois plus tard, nous avons accueilli nos premiers clients et avons organisé cet été-là le séjour d’une centaine de personnes, beaucoup ayant été recruté directement sur les quais de la gare d’Oulan Bator (rire).

Ulaanbaatar - gandan monastere

Le monastère de Gandan, Ulaanbaatar

Viendra par la suite la structuration de l’agence, la découverte de l’ensemble du pays via des circuits de repérages épiques, avec les moyens du bord, et des nuits sous de petites tentes Décathlon par -30 C ! Bref, c’était une grande aventure humaine avec l’esprit mongol de la débrouille.

Aujourd’hui, 15% des français qui découvrent la destination chaque année ont décidé de nous faire confiance, et nous sommes fiers de contribuer  – à notre modeste échelle –  à la découverte du peuple mongol.

Notre plus belle récompense ? Quand les voyageurs reviennent de leur circuit les larmes aux yeux parce qu’ils ont pu, en quelques semaines, toucher du doigt ce qui fait l’essence de l’âme mongole. Et qu’ils nous disent avoir vécu le plus beau voyage de leur vie…

On ne vient pas en Mongolie pour voir des paysages grandioses (même si la nature mongole est très belle) ou visiter de grands monuments. Mais pour vivre ce qu’il y a d’essentiel dans le voyage : la rencontre et la découverte de l’autre, avec des échanges humains forts.

yourtes en mongolie

Les yourtes qui attendent les voyageurs

Avez-vous pris des engagements dans le sens d’un tourisme durable ?

Vaste sujet ! Nous sommes sur le terrain au quotidien et en contact étroit avec les richesses culturelles et naturelles de la Mongolie. Nous savons que ce patrimoine est fragile, et que c’est notre responsabilité en tant qu’acteur de l’industrie du tourisme de le défendre.

Au fil des ans nos actions ont été nombreuses et se sont naturellement imposées à nous. C’était une évidence. Tout d’abord, nous avons rapidement été convaincus que pour découvrir la Mongolie, il fallait expérimenter le mode de vie nomade, et donc loger chez l’habitant. Nous avons donc développé le plus grand réseau de familles d’accueil du pays, avec plus d’une centaine de familles. Elles sont équipées pour recevoir les voyageurs dans de bonnes conditions (yourtes, lits, matelas) et formées à l’accueil, notamment sur les mesures de sécurité et d’hygiène. Nous avons fondé localement des coopératives afin que les familles de la même région puissent mener des projets de développement local (puits, réserve de foin, etc…).

Nous travaillons également avec plusieurs associations comme la Coopérative des éleveurs de yaks de l’Arkhangai avec laquelle nous menons des projets de développement d’éco- tourisme. Ou encore l’association Educate avec laquelle nous avons construit des écoles maternelles sous yourte, et créé des circuits permettant aux voyageurs de participer à la construction de ces écoles et d’assister à leur inauguration.

Dernièrement, nous avons mené un grand programme de sensibilisation à l’utilisation de bouteille d’eau en plastique et avons trouvé des solutions pour diminuer de plus de moitié notre consommation de plastique tout en assurant l’approvisionnement en eau potable à nos clients.

nomade en mongolie

Vie nomade dans les steppes

Quelles sont les conséquences de la pandémie du Covid 19 dans le pays ?

Comme partout je pense… les conséquences sont désastreuses. 

La Mongolie s’est auto-confinée très tôt en fermant les écoles et les restaurants dès la fin du mois de janvier. Cela a été également le premier pays à fermer ses frontières avec la Chine, puis à interdire tous les vols à destination de son territoire. Le bilan sanitaire est excellent, puisque le pays est cité comme un exemple de gestion de la crise sanitaire. Il n’y a pas eu d’épidémie sur place, uniquement des personnes rapatriées sur des vols sanitaires et mis en quarantaine à leur arrivée, et le bilan aujourd’hui est toujours de 0 décès.

Économiquement par contre le pays est très dépendant de ses exportations de minéraux et du tourisme. Ces 2 activités souffrent fortement de la crise : la Chine a grandement diminué ses importations, et la saison touristique 2020 risquent d’être totalement vierge (la bonne saison pour découvrir la Mongolie s’étend de Mai à Septembre)

Sur place, l’activité économique s’est également arrêtée de longs mois laissant les gens sans revenu. Ici, pas de chômage partiel et très peu d’aide de la part d’un gouvernement qui ne détient que peu de devises. 

Les rentrées s’arrêtent, les créances restent, vous connaissez le refrain…

Les grands espaces mongols font rêver les voyageurs. Quels conseils pourriez-vous leur dispenser pour parcourir ce pays ?

Mon conseil est : “La Mongolie n’est pas une destination à faire, mais une destination à vivre” et il est essentiel de comprendre cela avant d’entreprendre la visite du territoire.

Il faut également avoir conscience que le pays est très vaste. Les infrastructures routières sont peu, voire pas développées :  la plupart des déplacements se font sur de la piste où l’on dépasse que très difficilement les 30 Km / heure.

Ayant dit cela, vous comprendrez que mon conseil est ne pas essayer de « tout faire », ou « tout voir ». La Mongolie se vit dans chaque recoin de steppes en vivant des moments forts avec les habitants et les équipes encadrantes. Prenez le temps, restez 2, 3, 4 nuits au même endroit, c’est ainsi que vous apprécierez la Mongolie. Et non pas en passant (beaucoup) trop de temps dans les transports pour faire une visite supplémentaire.

Laissez-vous porter par le moment, par l’imprévu. À Horseback Mongolia, nous sommes flexibles dans l’organisation de votre séjour, soyez-le également. Les Mongols ne savent pas bien prévoir et anticiper, par contre ils savent apprécier le moment tel qu’il se présente à eux.

chevaux Mongolie

Les chevaux mongoles

vie nomade - mongolie

La vie nomade

Vous êtes aussi à l’origine du réseau Nomadays. Pourriez-vous nous en parler et nous expliquer ses atouts pour le voyageur ?

 Effectivement, partant du principe que “seul on va vite, mais à plusieurs on va loin”, nous travaillons depuis 2013 sur un logiciel de gestion adapté aux problématiques des agences réceptives autour duquel s’articule un collectif d’agences locales éparpillées aux quatre coins du monde. Ces agences, les réels experts et garants du succès des voyages, ne sont pas suffisamment mises en lumière et ne disposent pas de tous les outils nécessaires pour se faire connaitre.

Le réseau Nomadays a été créé pour collectiviser la gestion de la communication des agences membres et faire leur promotion en France en mettant en avant leur marque et leur savoir-faire. 

Nomadays a un statut d’agence de voyage, ce qui permet au voyageur à la fois de traiter directement avec un conseiller local et de contractualiser son voyage avec l’agence française tout en bénéficiant de ses garanties.

C’est un système assez révolutionnaire, que cela soit pour les voyageurs ou les agences locales.

Pour les voyageurs, nous offrons ainsi le meilleur des deux mondes : l’expertise d’un agent local, des tarifs en direct et la souscription du voyage auprès d’une agence française. Tout en sachant que les grosses plateformes d’intermédiation font, elles, de l’encaissement au nom de l’agence locale et ne s’impliquent donc pas légalement dans la bonne tenue du séjour.

Pour les agences locales, leur marque est mise en avant et elles bénéficient en France de toute une infrastructure leur permettant de mieux communiquer, mais aussi de mieux vendre. Nous mettons également à leur disposition des outils technologiques leur permettant de travailler de manière plus efficace au quotidien et d’offrir à leurs clients des services qui étaient jusqu’alors difficiles à mettre en place.

Maison dans les pays baltes

Interview : Katja fondatrice de l’agence BaltiquePlurielle

Osez-le nord-est de l’Europe ! Voilà l’appel enthousiasmant de Katja, fondatrice de l’agence BaltiquePlurielle. En mars dernier, elle aurait dû participer pour la première fois au salon Directravel, aussi sommes-nous heureux de l’accueillir dans les colonnes du blog cette semaine.

Bonjour Katja ! Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis née et j’ai grandi sur l’île de Rügen sur les bords de la mer baltique, dans un pays qui n’existe plus aujourd’hui. 

Voyager en dehors du « bloc Est » de l’époque était alors inimaginable. Pire, la version officielle de l’extérieur était plutôt grise…. Dès l’ouverture des frontières j’ai succombé à l’envie de parcourir notre belle planète dans tous les sens et surtout en toute liberté pour voir son vrai visage.

Découvrir par moi-même pour me forger mon propre avis m’a poussée en dehors de ma zone de confort. Mes premiers voyages lointains ont été très marquants pour moi et m’ont conforté dans l’idée que voyager, c’est s’ouvrir sur soi et sur les autres.

Je suis arrivée en France en 1997 pour suivre mon mari, rencontré sur mon île natale… Nous partageons cette soif d’évasion, ce qui nous pousse à repartir tout le temps.  C’est le meilleur moyen pour prendre du recul.
Et notre plus belle réussite est d’avoir transmis cette envie à nos enfants… et mes clients ?

portrait de Katja - BaltiquePlurielle

Katja – fondatrice de l’agence BaltiquePlurielle

Quelle est votre histoire avec les pays riverains de la mer Baltique ?

Originaire de la mer baltique, c’est ici que se trouvent mes racines. Elles y sont ancrées et me poussent à naviguer entre la France et le nord-est de l’Europe plusieurs fois par an. Par envie et par besoin fondamental de m’y ressourcer. C’est au bord de « MA Baltique » que je trouve mes inspirations pour des voyages authentiques !  

 Qu’est-ce qui vous a poussé à développer une entreprise touristique ? Quelle est l’histoire de la création de l’agence et du choix du nom Baltique Plurielle ?

J’ai travaillé plusieurs années dans le paramédical avant de prendre la décision de faire de ma passion mon métier. J’ai repris mes feuilles et crayons pour suivre avec succès une formation diplômante dans le tourisme.
Hormis le fait que le voyage soit dans mon ADN, je voulais donc ouvrir les français à cette destination souvent emprunte de préjugés... et je ne connais aucun français qui soit revenu de cette partie de l’Europe désenchanté ! Bien au contraire… la rencontre avec la Baltique est magique. Quiconque y touche revient.

BaltiquePlurielle – Un nom qui oriente géographiquement et qui évoque la pluralité des paysages & cultures des 9 pays riverains de la mer Baltique.

rue sur Gotland en Suède

Gotland – île suèdoise

Comment vivez-vous cette période difficile pour le monde du tourisme alors que votre agence est si récente ?

Effectivement, le Covid-19 est arrivé comme un Tsunami. Cette vague est passée par-dessus de nos têtes, puissante et ravageuse. C’était un choc dans le monde entier avec des conséquences que nous ne mesurons pas encore totalement. Mais aujourd’hui déjà, nous commençons à prendre un peu de recul sur certaines choses.

Maintenant, après une première paralysie, j’ai envie de redémarrer d’autant plus. Beaucoup de choses seront remises en cause : le tourisme de masse appartiendra-t-il au passé ?

Je pense que cette crise nous offre la chance de revoir et de réécrire le tourisme de demain. Plus sensé, moins rapide et véritablement plus durable. 

Rives polonaises

Côtes polonaises

Comment pensez-vous que les voyageurs vont agir dans les mois à venir ?

Je pense qu’inévitablement il faudra un peu de temps pour redonner confiance et envie aux voyageurs français. Les peurs liées à la pandémie sont encore un frein. Mais très certainement resurgira le besoin d’évasion après une période de privation. C’est dans la nature de l’homme.

Et si nous, les professionnels du tourisme, arrivons à proposer des voyages encore plus adaptés, alors nous pouvons regagner leur confiance plus vite. Notre rôle sera de rassurer et d’informer nos clients pour les accompagner dans cette période de déconfinement, certainement plus longue que le confinement lui-même. 

 Quels sont les atouts des destinations que vous proposez pour recommencer à voyager ?

BaltiquePlurielle propose des voyages dans les pays scandinaves, les pays baltes, la Pologne et l’Allemagne. Ces pays font partie des moins touchés par la pandémie en Europe. Ceci s’explique par le niveau sanitaire très élevé et une prise en charge santé exemplaire. Aussi, l’hygiène de vie et la discipline des pays du nord a toujours été source d’inspiration pour de nombreux pays… 

Depuis toujours, ce sont des destinations beaucoup moins impactées par le tourisme de masse. 

Autrement dit, aucune inquiétude à voyager dans cet espace !

côtes suédoises

Côtes suédoises

Avez-vous pris des engagements dans le sens d’un tourisme durable ? et pensez-vous allez plus loin ?

Le développement d’un tourisme durable est le devoir de nous tous. Nombreuses sont les agences qui s’engagent dans ce sens et c’est tant mieux ! La compensation CO2 pour s’affranchir de ses pollutions (transports, activités polluants etc) n’est pas la solution à long terme.

Aussi, je suis convaincue d’un retour au « voyage » dans le vrai sens du terme ; c’est-à-dire se laisser du temps à la découverte –prendre des transports plus lents et souvent plus propres – privilégier les hébergements et lieux de restauration familiaux avec une retombée locale et durable, les activités dans des sites engagés également dans une démarche responsable. Le tout en épousant le rythme local. L’immersion. LE voyage.

Manger un steak haché frites dans une chaîne hôtelière internationale en Laponie n’est plus cohérent avec le voyage du futur ! BaltiquePlurielle s’engage dans ce sens. 

peninsule d'inishowen en irlande

Interview : Bernard Eucher Lahon, co-fondateur d’Alainn Tours

En ces temps de confinement, nous rêvons tous de longues balades dans la nature, de nous rouler dans le verdure ; aussi, cette semaine, nous nous immergeons, le temps d’une interview, dans les grands espaces irlandais pour rencontrer Bernard Eucher Lahon, co-fondateur d’Alainn Tours.

Pouvez-vous présenter le/les fondateurs de l’agence Alainn Tours ?

Corine Ledanois et moi nous nous sommes rencontrés alors que nous étions tous deux étudiants Erasmus à Sligo, au nord-ouest de l’Irlande.

Nous suivions tous deux la filière marketing international. Elle est originaire de Normandie et était venue en Irlande pour apprendre l’anglais et suivre les traces de ses ancêtres. Moi je suis originaire du Pays Basque et j’ai appris à aimer la musique irlandaise en arrivant en Irlande.

L’Irlande nous a tellement plu que nous y sommes restés. Après diverses expériences notamment dans l’hôtellerie pour Corine et l’exportation de saumon fumé pour moi même, nous avons décidé de fonder notre agence. 

Bernard Eucher Lahon, co-fondateur d’Alainn Tours

Bernard Eucher Lahon, co-fondateur d’Alainn Tours

Qu’est-ce qui vous a poussé à développer une entreprise touristique ? Quelle est l’histoire de la création de l’agence ? Quelle est votre histoire avec l’Irlande, l’Ecosse et le pays de Galles ?

Durant nos études, dès que nous le pouvions, nous prenions la route avec Corine et d’autres étudiants de notre volée pour aller explorer les environs. Nous avons visité Sligo, puis le Donegal, le Connemara et petit à petit sillonné toute l’Irlande ! Nous sommes tombés amoureux du pays et on s’est rendu compte qu’il y avait un potentiel énorme à le faire mieux connaître auprès d’autres voyageurs, en particulier français, qui n’entendaient parler quasiment que des lacs de Connemara…

Pourquoi pas alors partager notre passion et notre connaissance du terrain ? Après une quinzaine d’années, les clients qui étaient déjà régulièrement venus en Irlande avec nous ont voulu découvrir d’autres pays celtes comme l’Ecosse et le Pays de Galles. Comme il n’existait pas d’autre agence francophone spécialiste, nous avons décidé de nous développer sur ces deux destinations. Aujourd’hui nous sommes toujours basés à Sligo et nous visitons régulièrement les trois pays. Nous fêterons nos 30 ans d’existence l’année prochaine ! 

Comment vivez-vous cette pause forcée pendant cette période de confinement ?

Comme la plupart des autres entreprises en Irlande actuellement, nous travaillons tous dans nos hébergements respectifs.

On en profite pour faire le ménage dans nos dossiers, réfléchir et créer les nouveaux produits qu’on a en tête depuis quelques temps… tout en admirant les magnifiques paysages qu’offrent les sommets de Knocknarea, Ben Bulben et les autres icônes de Sligo depuis nos fenêtres ! 

Mullaghmore Head, Sligo

Mullaghmore Head, Sligo

En profitez-vous pour mettre en place de nouveaux services, réfléchir à de nouveaux modes de fonctionnement ?

Habituellement, en cette saison nous sommes complètement pris. Cette année nous avons enfin le temps de contacter d’autres agences de voyages en France, en Suisse et en Belgique pour nous faire connaître auprès d’eux, qui cherchent un interlocuteur local et spécialiste pour organiser les voyages de leurs clients.

Nous consacrons une attention particulière au Canada et son marché francophone. On en profite également pour raffermir le contact avec les prestataires avec qui nous sommes solidaires. Tout est prêt pour pouvoir accueillir nos voyageurs dès que le signal sera donné. 

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui en tant que voyageur ? Et comment pensez- vous que les voyageurs vont agir à la sortie de cette crise sanitaire ?

En tant que voyageurs, on ressent combien il est frustrant de rester chez soi alors que les splendides paysages irlandais nous appellent…

Pendant un certain temps, je pense que les voyageurs vont se recentrer sur l’Europe plutôt que de partir dans des pays exotiques et lointains. Après toutes ces semaines de confinement, ils auront hâte de se perdre dans des grands espaces mais aussi de retrouver la chaleur du contact humain. En ceci, nous avons de la chance car les pays celtes sont fameux pour les deux : une nature fabuleuse et un sens de l’accueil inégalé !

De plus, la densité sur nos destinations est très faible. Nous parlons de 60 habitants au km2 comparé aux 20 000 à Paris !!! 

peninsule d'inishowen en irlande

Péninsule d’Inishowen en Irlande

Avez-vous pris des engagements dans le sens d’un tourisme durable ? et pensez- vous allez plus loin ?

Depuis les débuts d’Alainn Tours, nous travaillons en priorité avec de petites structures locales : les B&B, hôtels à taille humaine et demeures de charme qui ont une éthique et une histoire familiale, mais aussi les restaurants du coin, les activités…

Nous contribuons à préserver la beauté des pays que nous promouvons et de la communauté dont nous faisons partie. Cette année nous avons fait don par exemple à une association de Strandhill, village côtier dans lequel je réside juste à côté de Sligo, qui encourage la biodiversité. Pour nous il est essentiel de poursuivre dans cette direction.

 

Découvrez tous les experts locaux du Directravel sur notre page Exposants 2020

Commerce équitable : les recommandations des agents locaux du DirecTravel

Du 9 au 24 mai, c’est la quinzaine du commerce équitable.
 
Chaque année depuis 2001, différents événements s’organisent pour mettre les produits équitables à la fête. Pendant quinze jours, entreprises, associations, collectivités territoriales et militants du commerce équitable proposent des animations partout en France pour mieux connaître le commerce équitable.

Nous avons demandé à nos experts du voyage de nous recommander une association ou entreprise de leur territoire qui pratique le commerce équitable.

Afrique du Sud

Céline de Ekima Afrika Travel nous propose de découvrir :

Mnandi Textiles & Design, une entreprise éthique et responsable de tissus Shweshwe au Cap, en Afrique du Sud

Voilà déjà 9 ans que nous travaillons avec cette entreprise spécialisée dans le shweswhe, un tissu aux splendides, et multiples, motifs colorés, emblématique de l’Afrique du Sud. Toujours à la recherche d’attentions reflétant l’image du pays pour nos voyageurs, nous souhaitions travailler avec des personnes partageant nos valeurs et pouvant fabriquer des sacs authentiques et uniques pour les offrir à nos voyageurs en cadeau de bienvenue.

Crée en 1991, par Liz et son mari, Mnandi est une petite entreprise de 9 salariés. Dans leur atelier situé à Observatory, ces petites mains expertes, toutes originaires de la région du Cap, sont capables de confectionner sur mesure tout type de pièces dans la meilleure des qualités.

Sacs, vêtements, rideaux.. leur expertise et créativité sont sans limites, à l’image de leur palette de tissus ! La production entièrement locale permet de mettre en exergue le design sud-africain et de faire travailler des personnes issues de milieux difficiles. Une jolie façon d’allier esthétique et éthique pour le bonheur de tous !

Inde

Véronique de l’agence Indexperience nous propose de découvrir :

Uravu, une entreprise éthique et responsable de création de produits en bambou dans le Kérala, état du sud de l’Inde.

L’Inde…territoire de 7 fois la France.

Le commerce équitable y est bien développé ; certainement parce que le pays est encore majoritairement agricole : 2/3 de la population active et avec plus de 60% des parcelles de moins d’un hectare.

Les initiatives de commerce équitable sont nombreuses et notamment au Kerala, petit état du Sud de l’Inde. 

J’ai choisi de vous présenter URAVU pour ses produits en bambou.

 

Et si j’apprécie les produits ; ce que je recommande également c’est un séjour au Uravu Bamboo Groove .

En effet, quoi de plus logique que de découvrir l’utilisation du bambou dans un projet d’éco-tourisme, de rencontrer les hommes et les femmes impliquées au quotidien.


Vous pourrez contribuer à votre façon au succès de l’initiative, par l’acquisition de quelques pièces qui trouveront j’en suis certaine une place dans vos intérieurs, et en participant aux ateliers proposés, par exemple celui-ci ou vous pourrez développer votre créativité et ramener un souvenir unique ou encore laisser des idées pour de futurs créations…

Algérie

Daïa de l’agence Carnets d’Algérie nous propose de découvrir :

La notion de commerce équitable est très peu, voire pas du tout, développée en Algérie. Il y a néanmoins de belles initiatives qui vont dans ce sens.

Aujourd’hui, nous souhaitons en particulier vous parler de l’association  Axxam N-Dda Ali (la Maison de l’oncle Ali), installée dans une maison de Tizi Rached en Kabylie.

Initialement inhabitée, cette maison s’est transformée en un lieu vivant et chaleureux, à travers les activités proposées aux villageois par l’association.

 En effet, à Axxam on s’inscrit dans une logique d’économie sociale, solidaire et écocitoyenne.

En plus de sensibiliser les plus jeunes à la culture, l’art et l’environnement ; l’association permet aux artisans du village de faire connaitre leurs créations.
Du tissage traditionnel kabyle, à la confection d’objets uniques en matières recyclées, en passant par le travail du bois d’olivier, on y rencontre des créateurs résolument inspirants !

 Par l’acquisition de pièces issues de cette production, vous contribuerez au maintien de cet artisanat local et à la dynamisation de l’économie de zones rurales.

Sans oublier que ces pièces artisanales uniques constitueront un beau souvenir de la région à emporter avec soi !

création d'axxam

Extérieur de l’association Axxam N-Dda Ali

création d'axxam

Les créateurs d’Axxam

 l’association Axxam N-Dda Ali

Boucles d’oreille

 

Et vous, avez-vous des associations ou entreprises du commerce équitable à nous recommander ?

commerce équitable

réservede samburu, Afrique

Focus sur l’Afrique pour la Journée du Patrimoine mondial africain

Alors que l’Afrique est sous-représentée sur la Liste du patrimoine mondial, les biens africains représentant seulement 12% de tous les sites inscrits dans le monde, l’UNESCO a lancé en 2015, la Journée du Patrimoine mondial africain afin de sensibiliser les populations à l’importance de ces sites, et mobiliser une coopération pour leur sauvegarde aux niveaux local, régional et mondial.

Cette journée représente l’occasion de célébrer le patrimoine culturel et naturel exceptionnel du continent africain, berceau de l’humanité. Aussi, avons-nous décidé cette année de participer à cet effort en proposant aux agents locaux qui participent au Directravel de nous parler de sites africains qui leur tiennent à cœur, et ce qui fait la richesse de leur territoire.

Algérie : le Medracen

Le Medracen (tombeau Imedghassen) est un mausolée royale numide situé à 100km au sud de Constantine et figurant au patrimoine national algérien depuis 1968. 

D’une hauteur relativement modeste, Medracen reste visible de loin. S’élevant entre le Djebel Azem et le Djebel Tafraout, il est accessible depuis la grande voie traditionnelle qui relie l’Aurès au Tell.

Ce monument qui daterait du IIIème siècle avant J-C, témoigne d’une tradition funéraire berbère ancestrale et est reconnu comme le plus ancien mausolée d’Afrique du Nord.

Différentes visions d’historiens se confrontent concernant son histoire. Car contrairement au Mausolée royal de Maurétanie (Tombeau de la Chrétienne. Tipaza), Medracen n’a pas été cité par les Anciens, du moins aucun texte s’y rapportant n’a été conservé.

Il reste donc encore beaucoup à découvrir de ce patrimoine qui figure aujourd’hui parmi les 100 monuments les plus en danger sur la planète. Nous apprécions d’autant la chance qui nous est donnée de pouvoir contempler ce témoin de la culture ancestrale amazigh.

Pour en savoir plus : www.carnetsdalgerie.com

Afrique du sud : La plage de Boulders Beach

La plage de Boulders Beach, est une réserve naturelle protégée unique

Elle se situe dans le village historique de Simon’s Town, en Afique-du-Sud, seule base navale du pays et ravissante station balnéaire dotée d’un port de commerce et de villégiature aux nombreuses maisons victoriennes. 

Boulders Beach doit sa renommée à ses manchots du Cap qui y ont élus domicile en 1983. Aujourd’hui, on compte près de 3000 spécimens, l’une des rares et plus importantes colonie d’Afrique. 

Son aménagement permet une parfaite visibilité pour l’observation de ces animaux endémiques vivant à l’état sauvage. Un must multigénérationnel !

En savoir plus : Ekima travel

Bénin et Togo 

Pour la journée mondiale du patrimoine culturel, votre agence de tourisme responsable Voyages modestes vous invite à explorer un type particulier d’habitat que l’on retrouve au nord du Bénin et Togo

On l’appelle Tata dans la région de Boukoumbé au Bénin et Takienta dans la zone de Koutammakou au Togo. Il s’agit d’une forteresse imprenable qui avait servi aux populations à se protéger contre les envahisseurs lors des guerres tribales et les razzias. 

Cette demeure ancestrale exceptionnelle est aujourd’hui une attraction touristique si bien que lorsque vous allez au Bénin ou au Togo sans entrer dans un tata ou un takienta , vous avez le goût de l’inachevé. 

D’ailleurs, la région du Togo est inscrite depuis 2004 au patrimoine mondial de l’UNESCO parce qu’elle est le témoignage vivant d’une culture traditionnelle africaine profondément respectueuse de la nature

Pour en savoir plus : Voyage au Bénin

Gabon :  le parc national du Loango

A 300 km au sud de la capitale, le parc national du Loango est le joyau du Gabon : 155 000 ha de forêt, de savanes, de plage et de lagunes sont peuplés par une faune abondante et exceptionnelle. Depuis quelques années, on peut y pratiquer l’observation des gorilles des plaines. Accompagné d’éco-gardes spécifiquement formés pour l’approche des gorilles, briefing dans le camp ou vivent les scientifiques et départ pour LA rencontre.

Les gorilles se déplacent dans la forêt de manière imprévisible, le temps total que vous passerez dans la forêt peut varier entre 2 et 8 heures. Nous observons généralement les gorilles à une distance de 10-30 mètres. Ce safari peut être effectué tout au long de l’année.

Pour en savoir plus : https://www.territoiresvoyages.com/gorilles-du-gabon.html

Kenya : Réserve de Samburu 

Les réserves de Samburu et Buffalo Springs sont mitoyennes et couvrent 520 kilomètres carrés environ. Elles sont séparées par la rivière Ewaso Ngiro, bordée par une forêt.

Ces réserves donnent une impression d’opulence et la métaphore « d’arche de Noé » prend ici tout son sens ! 25 kilomètres d’oasis s’étalent tout le long de la rivière Ewaso Ngiro.

Chaque fin d’après-midi le spectacle des animaux venant s’abreuver est absolument magnifique. De plus dans ces réserves on retrouve un certain nombre d’espèces endémiques ou caractéristiques des milieux arides et semi-arides telles que : les oryx, zèbres de Grévy, Gérénouks ou Girafes réticulées

Créée en 1962, la réserve de Samburu est connue pour ses espèces rares telles que le zèbre gris, l’autruche de Somalie, la girafe réticulée, le Gerenuk et le Beisa Oryx (également appelé Samburu Special). La réserve est également connue pour sa population d’éléphants : plus de 900 individus sont recensés dans la réserve !

Les grands prédateurs tels que le lion, le léopard et le guépard sont présents à Samburu. La fameuse Kamunyak, la lionne miracle qui a adapté le bébé Oryx, vivait dans la réserve.

On peut y voir aussi des chiens sauvages et la faune aviaire est abondante avec plus de 450 espèces recensées, notamment le faucon crécerellette et le faucon Taita, qui sont toutes deux des espèces protégées.

Cinq espèces classées comme vulnérables ont été observées dans la réserve. Il s’agit du Dard d’Afrique, de la Grande Aigrette, du Vautour à tête blanche, de l’Aigle martial et du Pecker à bec jaune. 

La réserve de Samburu est très peu fréquentée et est particulièrement appréciée des voyageurs en quête de safaris hors des sentiers battus.

Pour en savoir plus : www.leboosafaris.com

Maroc : Citadelles du grand sud marocain

« Agadir » n’est pas qu’une ville du Maroc, c’est aussi le nom d’une construction fortifiée traditionnelle de l’Atlas (comme la kasbah – maison fortifiée – et le ksar – village fortifié -), difficile d’accès et construite par les Berbères pour servir de grenier collectif en temps de paix et de place forte en cas de siège. Certains datent de plus d’un millénaire et sont toujours en activité !

Dans l’Anti-Atlas, nous vous recommandons le village berbère d’Amtoudi, outre de belles gorges verdoyantes et des gueltas propices à la baignade, propose à la visite deux superbes greniers fortifiés proches l’un de l’autre et fort bien conservés.

Pour en savoir plus : www.horscircuit.fr

Tanzanie : le parc national de Rubondo Island 

On vous emmène tout au nord de la Tanzanie, sur la rive Sud du lac Victoria, pour vous faire découvrir ce paradis du safari hors des sentiers battus.

Rubondo est un parc national composé d’une île principale, l’île de Rubondo, et de quelques autres petites îles secondaires. 

C’est l’un des endroits les plus calmes du pays, et aussi et surtout un lieu parfait pour faire un safari original en Tanzanie puisque l’on y découvre de nombreuses espèces d’oiseaux, des antilopes et autres animaux qui viennent se réfugier ici pour échapper aux prédateurs. 

Ce parc est aussi une fenêtre ouverte sur la vie locale, avec les pêcheurs du lac Victoria et la visite de sites culturels comme Ntungamirwe et Solo qui permettent de plonger dans l’histoire de la région.

Pour en savoir plus : La route des Voyages – Tanzanie

Soaring Flamingo – Le cratère du Ngorongoro

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le cratère du Ngorongoro est un véritable jardin d’Éden. Ses paysages époustouflants et la concentration exceptionnelle de sa faune lui donnent parfois la réputation d’être la 8e merveille de notre planète.

En effet, dans la plus grande caldeira du monde (610 m de profondeur et 22 km de diamètre) vivent une incroyable densité et variété de faune sauvage. En particulier, tous les « big five » sont présents : lions, léopards, éléphants, rhinocéros et buffles.

Pour en savoir plus :  https://www.soaringflamingo.com/en/

Pour en savoir plus sur ces agents locaux, consultez la page des exposants du Directravel 2020.

vue de paraty

Interview : Brésil Découverte

Cette semaine, c’est un petit bout de Brésil que nous mettons à l’honneur en vous présentant Joël Riou, directeur de l’agence Brésil Découverte.

Pouvez-vous  vous présenter et nous raconter votre histoire avec le Brésil ?

Originaire de Bretagne, j’étais analyste financier pour un grand courtier français, avant de devenir directeur de la filiale brésilienne du cabinet de consulting Gorioux Faro.

Mon histoire avec le Brésil débute en 1996 lors de la coopération de 18 mois. Au cours de ce séjour, j´ai rencontré ma future épouse brésilienne. Ensuite, après cette période coopération, je suis revenu en France pour travailler pour une société de Bourse, et ce pendant près de 4 ans.

Je suis retourné au Brésil pour développer une filiale française, c’est ainsi que je m’y suis installé en 2001.

Après cette nouvelle expérience, nous avons décidé,  avec mon épouse, de créer l´agence brésil découverte en 2003. Nous souhaitions répondre aux demandes de plusieurs agences de voyages et de particuliers en profitant des débuts d’internet. Un an plus tard, l’agence avait déjà organisé de nombreux voyages à la carte pour de grands groupes.

portrait de Joël - Brésil découverte

Portrait de Joël – Agence Brésil Découverte

Qu’est-ce qui vous a poussé à développer une entreprise touristique ?

En 2003, j´ai créé l´agence quand je me suis rendu compte que le boom de l´internet était une opportunité. Ma connaissance de la langue portugaise et du pays, ainsi que notre présence sur place étaient, et sont toujours, des atouts majeurs.

Voyager au brésil (15 fois la superficie de la France) nécessite une bonne connaissance du pays. A l’époque, les voyages proposés au Brésil par les agences françaises n´étaient pas encore très développés, nous avons donc immédiatement démarché quelques agences de voyages avec qui nous travaillons encore aujourd´hui !

l´hotel BELMOND CATARATAS ET LES CHUTES D´IGUAÇU

L´hotel Belmond cataratas et les chutes d’Ignaçu

Quelle est l’histoire de la création de  l’agence Brasil França  ?

Tout a démarré par la demande d´organisation de voyages d’amis/famille, au cours de ma période de coopération, et je leur ai organisé la plupart de leurs séjours.

Le goût des voyages a ensuite était un déclic. Dans un premier temps, mon épouse  dirigeait l´agence courant de 2003, et j´ai développé l´entreprise en 2004.

photo agence bresil decouverte

L’équipe de Brésil Découverte

Comment vivez-vous cette pause forcée pendant cette période de confinement ?

Dans ce contexte inédit, nous encourageons les clients à ne pas annuler leurs voyages d´autant plus que la plupart des compagnies aériennes, et des hôtels ne remboursent pas (décret brésilien), mais ils acceptent de reporter les voyages. C´est un gros travail supplémentaire pour les agences mais nous devons y faire face.

En profitez-vous pour mettre en place de nouveaux services, réfléchir à de nouveaux modes de  fonctionnement ? 

Au cours de cette pause forcée, nous préparons des voyages pour le nouvel An et le carnaval de Rio 2021 qui aura lieu à la 2eme quinzaine de février.

Aussi, nous prenons contact avec de nouveaux hôtels en vue de proposer de nouveaux circuits pour 2021.

 Quel est votre état d’esprit aujourd’hui en tant que voyageur ? Et comment pensez-vous que les voyageurs vont agir à la sortie de cette crise sanitaire ?

Je pense qu´après cette phase de confinement, les voyageurs auront un regard diffèrent sur les voyages, pourront apprécier certaines choses qui, avant cette crise, paraissaient très banales.

barque à Paraty

Barque – Paraty

Randonnée Mont-Blanc

Interview : Watse Trekking

Pierrick Delattre, le fondateur de l’agence Watse Trekking, s’est prêté au jeu des questions/réponses pour ouvrir notre série d’interviews.

Pouvez-vous présenter le/les fondateurs de Watse Trekking ?

Watse Trekking est une agence de Trek basée au Pays du Mont-Blanc, là où, Pierrick, fondateur de l’agence a grandi. C’est au pied de ces montagnes de caractère que la passion de la montagne a conquis Pierrick très jeune.

Tout d’abord tourné vers l’alpinisme et l’escalade, il a ensuite éprouvé le besoin de partager cette passion avec le plus grand nombre. C’est alors qu’il a décidé de partir découvrir les autres montagnes et peuples du monde lors d’un tour du monde des sommets de 2 ans avec sa femme. Ce voyage au long court a profondément ancré les bases et l’identité de Watse Trekking qui privilégie la conception d’itinéraires hors des sentiers battus et le partage avec les populations locales.

Devenu par la suite guide de trek professionnel, Pierrick a décidé de s’entourer d’autres guides professionnels afin de proposer des séjours en montagne axés sur la sécurité, la découverte et le plaisir. C’est aujourd’hui une équipe de 5 guides professionnels qui sont à votre écoute afin d’imaginer les itinéraires de vos rêves, en France et à l’étranger.

Pierrick - fondateur de Watse Trekking

Pierrick – Fondateur de Watse Trekking

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à développer une entreprise touristique ? Quelle est l’histoire de la création de Watse trekking ?

Très tôt nous avons compris chez Watse Trekking qu’il était nécessaire de proposer des séjours en montagne avec toute la sécurité et le savoir faire de professionnels de la montagne travaillant main dans la main avec des partenaires locaux. De plus, le potentiel de voyages hors des sentiers battus est immense et il est dommage de voir de nombreux groupes provenant des grandes agences « classiques » se presser toujours vers les mêmes circuits. Nous avons donc décidé d’unir nos forces et de faire profiter aux randonneurs de notre grande connaissance du terrain en composant des circuits qui nous ressemblent.

En quoi Watse Trekking est elle une agence différente des autres agences classiques ?

Nous sommes des artisans du voyage et nous créons des circuits dans les zones que nous connaissons le mieux. Nos groupes sont toujours guidés par un professionnel français en doublons avec un guide local. Cette « paire » de guides permet aux randonneurs confort et sécurité tout en mettant l’accent sur la découverte et la rencontre avec les populations locales.

Val Montjoie - Pays du Mon-Blanc

Val Montjoie – Pays du Mon-Blanc – Watse Trekking

Comment vivez-vous cette pause forcée pendant cette période de confinement ?

Nous sommes des guides de trek, des hommes de terrain. Les grands espaces ainsi que le relationnel avec nos clients nous manquent. Malgré tout nous avons décidé d’utiliser notre savoir faire afin de faire rêver nos clients et de les aider dans la préparation de leurs futurs projets. Nous estimons qu’il est essentiel de continuer à faire garder espoir aux randonneurs et nous essayons de faire de notre mieux à travers des articles de blogs, des récits, des conseils de préparation …

En profitez-vous pour mettre en place de nouveaux treks, de nouveaux produits touristiques ?

Oui tout à fait. Nous avons dès le début essayé de comprendre et d’analyser précisément les conséquences de cette crise et de mettre en place une offre adaptée aux circonstances. Nous avons très vite compris que les destinations locales devaient être mises en avant pour cet été au moins. Nous avons donc renforcé notre offre en France notamment et avons produit plusieurs séjours en espérant que ceux-ci satisferont les randonneurs en quête de grands espaces et de liberté.

Quels seront, selon vous, les envies des voyageurs à la sortie de cette crise sanitaire ?

Il semble aujourd’hui évident que les destinations locales ou très proches vont être plébiscitées dès la sortie du confinement pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les restriction de circulation sont fréquentes entre pays. De plus le trafic aérien est très aléatoire et les conditions d’annulation sont assez chaotiques. Egalement, nous pensons qu’une solidarité française va s’installer, du moins nous l’espérons et que les randonneurs vont choisir de rester en France pour leur séjour de cet été. Enfin, même si le temps ne manque pas pour organiser les prochaines escapades, les randonneurs risquent d’être pris de court pour l’organisation de leurs séjours lorsque le confinement sera terminé. Et puis parce que nous avons des trésors cachés également sur notre territoire !

Randonnée Mont-Blanc

Randonnée au Pays du Mont-Blanc – Watse Trekking

Avez-vous pris des engagements dans le sens d’un tourisme durable ?

Nous avons fidélisé des partenaires locaux dans nos destinations en instaurant un climat de confiance entre nous. Nous respectons leur travail et veillons à une juste rémunération. Nous essayons de leur fournir du travail de manière régulière et il comptent sur nous bien souvent.

Le côté « durable » chez Watse signifie travailler main dans la main pour satisfaire nos clients. Nous souhaitons bâtir des relations solides sur le long terme avec nos partenaires et également avec les guides qui travaillent dans notre petite agence. C’est pour ceci que nous créons nos itinéraires, car nous ne souhaitons pas rentrer dans une guerre de prix perdue d’avance avec les autres agences, nos séjours étant différents même s’ils ne sont pas forcément plus chers.

Nous ne communiquons pas sur le côté durable de nos séjours car pour nous le respect des gens et du travail, la juste rémunération ainsi que la valorisation du travail effectué est une évidence.

Nous essayons aussi de sortir des sentiers battus et ainsi nous souhaitons apporter un revenu à d’autres personnes que celles se trouvant sur les grands axes classiques. Nous sommes aussi très sensibles à notre impact local. Par exemple chez Watse et en trek, nos groupes sont équipés de filtres à eau, réduisant les déchets plastiques de manière significative.

Voici nos valeurs et les actions que nous essayons de mettre en place pour un tourisme durable.

 

Pour en savoir plus : Watse Trekking