flamant rose chili

Le Chili avec Jean-Charles de Latinorizons

Au fur et à mesure que nous interviewons nos experts du voyage installés à l’autre bout du monde, une chose revient souvent, c’est le coup de foudre. Qu’ils soient tombés en amour d’un pays, un homme ou une femme, il y a beaucoup d’émotions dans leur récit. Jean-Charles, de l’agence Latinorizons, nous racontre la trajectoire de sa vie de la Belgique au désert de l’Atacama.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Jean-Charles Dekeyser, originaire de Tournai en Belgique.
Je suis âgé de 55 ans. Marié et père de 3 enfants : William 22 ans, Paul 21 ans et Sophia 7 ans.
Je suis journaliste de formation et ai exercé cette activité dans la presse écrite durant quelques années avant de me consacrer totalement au tourisme à partir de 1995.
Avec des amis étudiants, j’ai participé à plusieurs voyages financés grâce à du sponsoring  avec en contrepartie de  publicité au travers de conférences et autres reportages. Deux de ses voyages avaient pour destination l’Amérique du Sud,  l’Equateur dans un premier temps où un séjour dans la communauté amazonienne Shuar a servi de base à mon mémoire de fin d’études.
Par la suite, le projet était plus ambitieux avec un voyage expédition de 18 mois dans la majeure partie de l’Amérique du sud à bord d’un véhicule tout terrain, ancienne ambulance de l’armée américaine achetée pour une bouchée de pain en Belgique.

Quelle est votre histoire avec le Chili ?

C’est précisément ce long voyage qui s’est étalé sur 3 années, d’octobre 1992 à avril 1994, qui m’a permis de découvrir le Chili pour la première fois et de le sillonner – plus en long que… en large – de la Patagonie à la frontière péruvienne au nord soit environ 4.500 kms. Et c’est là, à Arica, que j’ai rencontré mon épouse Pamela, jolie chilienne d’origine chinoise par son papa et péruvienne andine par sa maman.
Le coup de foudre a été immédiat et je crois réciproque. Pamela m’a accompagné sur les routes du Pérou jusqu’au Venezuela où l’expédition a pris fin. Retour en Belgique. Après 6 mois de conférences sur le voyage, la décision était prise : notre vie continuerait au Chili. le pays le plus stable du continent et en plein renouveau après le retour de la démocratie. Notre choix s’est naturellement porté sur Arica où nous vivons depuis.
Jean-Charles et Pamela

Jean-Charles et Pamela

Qu’est-ce qui vous a poussé à développer une entreprise touristique ?

Après 18 mois de voyage, je souhaitais poser mes valises et fonder une famille. Continuer dans le journalisme m’aurait sans doute obligé à résider à Santiago ou dans une autre grande ville du continent, ce que je voulais éviter, ayant plutôt un esprit provincial.
L’idée de monter un entreprise touristique me plaisait. J’avais de l’expérience, le sens du contact et du service mais … pas de capital. Le choix d’Arica allait d’ailleurs dans ce sens car la région était peu connue alors que San Pedro de Atacama connaissait déjà un succès grandissant. Cela m’a permis de croître sans devoir brûler les  étapes.

Avez-vous pris des engagements dans le sens d’un tourisme durable ?

Oui, mais à vrai dire pas de manière formelle comme respecter une charte, etc. Mes équipes et moi-même appliquons les préceptes d’un tourisme durable naturellement et il n’a pas été nécessaire jusqu’à présent de formaliser cette attitude bien qu’elle rejoigne l’idée générale d’un tourisme durable.
Par exemple, nous veillons toujours à minimiser notre empreinte dans les endroits que nous visitons. Il s’agit très souvent de parcs naturels protégés par l’Etat chilien. Mais surtout il s’agit de la pachamama ! La mère-terre-vénérée par les populations indigènes génère un sentiment de respect et d’humilité dans un environnement naturel où l’être humain demeure très vulnérable  en raison de l’altitude, de l’isolement, des grands écarts de température, etc.
Nous travaillons main dans la main avec les  rares habitants qui résident toujours dans de vastes espaces isolés et difficiles. De manière générale, le touriste qui visite le Chili est animé par les mêmes sentiments et porte un intérêt majeur pour le respect de l’environnement et des minorités ethniques.

Qu’attendez-vous de l’édition digitale du DirecTravel ?

J’espère pouvoir établir un premier contact avec les voyageurs  qui souhaitent découvrir le Chili. La crise sociale chilienne l’an dernier, et la pandémie ensuite, ont  généré un vide de plus d’un an.
Bien que le bout du tunnel ne soit pas encore visible, je souhaite convaincre les visiteurs que le Chili dispose de tous les attributs pour vivre une expérience de voyage vraiment exceptionnelle. Pour moi, c’est aussi l’occasion  de présenter mon agence comme un partenaire francophone fiable, présent sur place au Chili, en contact permanent avec la réalité du terrain.

Que pourriez vous présenter sur le DirecTravel virtuel pour donner aux voyageurs l’envie de repartir ? (vidéo, images, conférences ….)

Je pourrais présenter de découvrir le Chili sous forme d’un récit sur les traces des cap-horniers qui quittaient Saint Malo pour rejoindre la côte pacifique et assurer le commerce du nitrate chilien. C’est une manière de parcourir le pays du sud au nord en y mêlant ma propre histoire. Il s’agirait d’images commentées en direct.
torres del paine

Torres del Paine

Quels sont les atouts du Chili pour un voyageur ?

Le Chili, c’est avant tout de grands espaces naturels vierges et très variés sur près de 4.500 kms de long et 150 kms de large en moyenne.
Pour comparer, vous trouverez au Chili des paysages et des climats  similaires  à ceux que vous pourriez découvrir de la Scandinavie  au Maroc, avec en plus la majestueuse Cordillère des Andes :  la Patagonie, la Région des lacs, le Désert d’Atacama, sans oublier l’île la plus isolée et intrigante du monde : l’Île de Pâques.
île de paques

Moaïs de l’île de Pâques

Des paysages exceptionnels certes mais l’atout du Chili est aussi d’être un pays accueillant, stable, où l’on se sent en sécurité. Et surtout, son réseau de communication est très développé et de bonne qualité, rendant les déplacements somme toute aisés. En outre, en fonction des régions visitées et de la période, vous ne risquez pas de croiser beaucoup d’autres touristes.  Au contraire vous aurez plutôt une sensation d’ être seuls au monde…au bout du monde!

Quels conseils pourriez-vous leur dispenser pour parcourir Chili ?

La manière de voyager dépendra de l’équation budget/envies. L’idéal reste un voyage en individuel guidé en français mais cela reste aussi la formule la plus onéreuse. Je propose souvent des variantes au cours d’un même voyage :  des étapes guidées notamment au Nord Chili où l’autonomie est plus difficile. Ailleurs, en Patagonie, la Région des lacs, voire l’île de Pâques, des formules en autotour sont plutôt conseillées.  Sur l’île de Pâques, un guide peut aussi être très apprécié pour la compréhension de la culture Rapa Nui.

Y-a t-il une saison plus propice à la découverte du Chili ?

Le pays est tellement vaste avec des climats très différents au nord et au sud ! Pour simplifier, pour visiter la Patagonie, et globalement le sud du Chili et l’île de Pâques, la période d’octobre à avril est la meilleure (été austral). Pour le nord, toute l’année en sachant que de janvier à mars, c’est la saison des pluies sur les hautes Andes et qu’il peut y avoir des difficultés sur les pistes.
A titre personnel, j’aime beaucoup les mois  de transition d’octobre et novembre ainsi qu’ avril et mai.

Si vous ne deviez citer qu’un endroit ou un événement à ne pas manquer, quel serait-il ?

Le Désert d’Atacama dans le nord !