Rivière au Yukon

A la découverte du Yukon

Isabelle Bouffard est une québécoise expatriée au Yukon, pleine d’énergie et de passion pour son territoire d’adoption, elle nous parle de sa première participation au DirecTravel.

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Isabelle Bouffard. Je suis canadienne, gestionnaire en tourisme à l’Association franco-yukonnaise (AFY) et je représenterai Tourisme Yukon au salon virtuel DirecTravel. Je suis passionnée de plein air et j’ADORE mon coin de pays. J’ai bien hâte de le faire découvrir aux participants et participantes du salon.

Isabelle Bouffard, représentante de Tourisme Yukon, à la Réserve faunique du Yukon.

Isabelle Bouffard, représentante de Tourisme Yukon, à la Réserve faunique du Yukon.

Quelle est votre histoire avec le Yukon ? 

Originaire du Québec, j’ai eu l’opportunité de vivre et de travailler à différents endroits au Canada.

J’ai d’abord vécu à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, où j’ai expérimenté le Grand Nord pour la première fois. J’ai adoré l’expérience, surtout les longues journées d’été qui s’éternisent sous le soleil de minuit, les aurores boréales et les hivers phénoménaux qui font partie du mode de vie. Mais le caractère isolé de la capitale en raison du peu de routes et le relief plutôt plat de la région me convenaient moins.

Après trois belles années, j’ai été transférée dans la province de l’Alberta. J’y ai passé six ans durant lesquels j’ai bien profité des Rocheuses canadiennes, lesquelles sont populaires pour d’excellentes raisons. Mais l’Alberta n’était pas une option permanente pour moi et je cherchais toujours l’endroit idéal où me poser pour de bon.

C’est dans le cadre de mon travail (à l’époque) que j’ai découvert le territoire du Yukon. Ce fut un coup de foudre instantané ! Tous les atouts du Nord, les grands espaces naturels, les montagnes à perte de vue, l’absence de tourisme de masse et des routes permettant de s’échapper pour un road trip de temps en temps : bref, un amalgame de tout ce que j’aime des Territoires du Nord-Ouest et de l’Alberta ! Et bonus : une communauté franco-yukonnaise étonnement importante et active. Ça y était : j’avais trouvé mon chez-moi.

Il y a quelques années, mon conjoint et moi avons enfin emménagé à Whitehorse, au Yukon, et il est clair que nous y resterons. Toutes les activités que nous aimons peuvent y être pratiquées : trekking, pêche au lancer ou sur la glace, vélo de montagne, canoë, camping, etc. Chaque jour, nous nous comptons chanceux d’avoir fait du Yukon notre maison. Nous avons maintenant l’esprit tranquille des gens qui profitent du moment présent plutôt que de rêver de vivre ailleurs ou différemment.

Rivière au Yukon

Wind River, Yukon Territory. Images from 2 week canoe trip through the Wind River in Northern Yukon, Canada. Part of the Peel Watershed and the Rocky Mountains.

Est-ce que votre structure a pris des engagements dans le sens d’un tourisme durable ?

Tout à fait. En 2018, le gouvernement du Yukon a élaboré une stratégie de développement touristique qui présente une vision décennale du tourisme en tant que volet dynamique et durable de l’économie et de la société yukonnaise, au bénéfice des générations futures.

Cette vision s’accompagne d’objectifs favorisant l’équilibre entre les valeurs économiques, sociales et environnementales exprimées par les Yukonnais, c’est-à-dire :

  • L’amour de notre territoire
  • L’idéal d’un secteur touristique florissant
  • La préservation et la mise en valeur de nos espaces naturels
  • La valorisation de notre patrimoine
  • La célébration de notre richesse et diversité culturelle
  • La création d’un cadre de vie sain
  • Le développement des partenariats
  • Le désir d’innovation

Nos actions s’inscrivent dans cette stratégie, laquelle est d’autant plus pertinente dans le contexte actuel.

Qu’attendez-vous de l’édition digitale du DirecTravel ?

J’ai bien hâte au salon virtuel pour faire connaître davantage mon coin de pays. Le Yukon est riche en paysages, en histoire et en culture, mais il s’agit d’une destination souvent mal connue. Je serai donc disponible pour répondre aux questions des curieux et partager mes coups de cœur.

En ce moment, les voyageurs internationaux ne peuvent malheureusement pas venir nous voir en raison des restrictions de voyage en vigueur au Canada et au Yukon. L’approche de notre gouvernement en ce qui concerne la gestion de la pandémie est très prudente, ce qui nous a permis de protéger notre population (moins de 20 cas de COVID-19 ont été répertoriés au Yukon, dont aucun décès). Les communautés et les Premières Nations sont également consultées à ce sujet. Une chose est certaine : lorsque le Yukon ouvrira ses portes, non seulement sera-t-il sécuritaire de le faire, les voyageurs seront aussi accueillis chaleureusement par les Yukonnais.

En attendant, il me fait plaisir d’alimenter le rêve des aventuriers et de les outiller pour planifier le voyage de leur vie !

Lac du Yukon

A person enjoying the sunset at Kathleen Lake

Que pourriez-vous présenter sur le DirecTravel virtuel pour donner aux voyageurs l’envie de repartir ? (vidéo, images, conférences….)

Avec son air frais, ses grands espaces et son peu d’habitants, je crois sincèrement que le Yukon est le remède parfait au stress des derniers mois. Je présenterai d’ailleurs la destination (en images et en paroles) lors d’une conférence. La date et l’heure ne sont pas confirmées au moment de cette interview, mais j’invite les amateurs de plein air à consulter l’horaire du salon.

En attendant, je vous offre ce rapide coup d’œil…

https://www.youtube.com/watch?v=wEGxETMFADk

Quels sont les atouts du territoire du Yukon pour un voyageur ?

L’authenticité.

L’authenticité des activités qui font réellement partie du mode de vie des yukonnais. Par exemple, le traîneau à chiens qui permet de rencontrer de vrais mushers et de découvrir leur mode de vie unique. Ou la descente de rivières en canoë, qui fait partie des mœurs depuis belle lurette.

L’authenticité de nos grands espaces qui sont peu perturbés et permettent de véritablement expérimenter la nature à l’état sauvage. Il est d’ailleurs possible de s’aventurer pendant plusieurs jours sans voir personne, à part les animaux dans leur habitat naturel !

Et l’authenticité des Yukonnais qui ont la réputation d’être créatifs, débrouillards, et colorés !

chien de traineau - Yukon

Dog sledding at Ski High Wilderness Ranch

Quels conseils pourriez-vous leur dispenser pour parcourir cette destination ?

 Osez sortir des sentiers battus ! Alors que plusieurs activités et attraits impressionnants sont facilement accessibles, nos grands espaces demeurent un de nos attraits principaux. La nature sauvage occupe 80 % de notre territoire, où l’on retrouve plus d’orignaux que d’habitants !

C’est un privilège que de pouvoir profiter de tranquillité et de solitude dans un environnement aussi grandiose. Cela dit, soyez réalistes, voire modestes, quant à votre capacité à être totalement autonome en milieu sauvage. Au Yukon, l’expression « s’éloigner des sentiers battus » prend tout son sens. Pour s’aventurer dans l’arrière-pays en toute sécurité, il est essentiel d’avoir l’expérience, les connaissances et l’équipement appropriés, ou d’être accompagné par un ou une guide qualifiée pour faciliter votre expédition.

élan dans la rivière

Moose cow with two calves at McClusky Lake, the beginning of the Wind River canoe trip within the Peel River watershed.

Y a-t-il une saison plus propice à sa découverte ?

La meilleure période pour découvrir le Yukon dépend des préférences et intérêts de chacun.

L’été, de la mi-juin à la mi-septembre, est la période la plus populaire pour visiter le Yukon. Le climat et les longues journées ensoleillées sont propices aux activités de plein air comme le trekking, la descente de rivières, l’équitation, le vélo de montagne et le camping. Plusieurs évènements et festivals extérieurs ont lieu et un grand nombre d’attraits saisonniers peuvent être visités.

L’hiver, quant à lui, fait partie de la réalité yukonnaise et offre une expérience totalement différente. Que ce soit en excursion d’une journée ou en expédition de plusieurs jours, les voyageurs peuvent profiter d’activités hivernales aussi excitantes que nombreuses : traîneau à chiens, motoneige, pêche blanche, randonnée en raquettes ou à ski, etc.

Alors que certains commerces ou attraits seront fermés en hiver, plusieurs sont ouverts à l’année. Il y a d’ailleurs plusieurs options d’hébergement, notamment de charmantes lodges en région. Je recommande les mois de février et mars durant lesquels plusieurs évènements ont lieu. Les journées y sont aussi suffisamment longues pour profiter des activités extérieures et les nuits suffisamment sombres pour observer les aurores boréales.

le Yukon en hiver

Dog sledding across Fish Lake with Sky High Wilderness Ranch

Si vous ne deviez citer qu’un endroit ou un évènement à ne pas manquer, quel serait-il ?

La visite de Dawson City est définitivement un incontournable ! Cette ville, fondée durant la légendaire ruée vers l’or du Klondike, a su conserver son cachet d’antan. Les bâtiments historiques sont maintenus par Parcs Canada et, en été, il est possible d’en visiter l’intérieur en compagnie d’un ou d’une guide-interprète francophone. Cela dit, il ne s’agit pas d’une ville-musée. Une petite communauté y vit à l’année, ce qui donne à Dawson City un charme unique. Trappeurs, artistes, agriculteurs et chercheurs d’or modernes sont autant de personnages que vous rencontrerez dans l’un des pubs de la ville !